Avoir suffisamment à manger devrait aller de soi dans la vie collégiale. Pour beaucoup d’étudiants, ce n’est pas le cas. Dans un sondage Léger mené en 2024 auprès d’étudiants des cégeps et des universités du Québec, une personne sur quatre a déclaré avoir réduit ses portions ou sauté des repas au cours de l’année précédente par manque d’argent.

À Champlain, une routine hebdomadaire contribue à alléger cette pression, tout en offrant aux étudiants d’Adam’s PACE une façon concrète d’apprendre et de contribuer.

Chaque mercredi, les étudiants de PACE préparent les commandes d’aide alimentaire de leurs pairs. Ils rassemblent les produits, remplissent les sacs et les livrent aux services aux étudiants. Leur travail comprend aussi les achats, la vérification des stocks et le réapprovisionnement des étagères : autant d’occasions concrètes de développer des compétences en mathématiques, en gestion budgétaire, en achats et en résolution de problèmes.

Le service a pris de l’ampleur. Julie Paquette, coordonnatrice et enseignante d’Adam’s PACE, se rappelle qu’on préparait environ quatre commandes par semaine. Aujourd’hui, la moyenne est d’environ 14, offrant des aliments et des produits essentiels à plus d’une douzaine de ménages étudiants. Depuis l’été 2023, 229 commandes ont été préparées.

« Ils maîtrisent ça. »

Cette assurance se voit dans les détails. Lorsqu’il a fallu plus d’espace pour récupérer les commandes, les étudiants de PACE ont assemblé ensemble, en classe, une étagère de 25 casiers.

Les commandes sont placées dans des sacs noirs réutilisables ordinaires, et les modalités de récupération sont communiquées en privé. Les étudiants préparent les sacs sans rencontrer les bénéficiaires. L’attention est bien là, même lorsque les personnes qui donnent et celles qui reçoivent ne se croisent jamais.

Pour les étudiants de PACE, ce service développe les compétences et l’autonomie. Pour ceux qui viennent chercher une commande, il donne un peu plus de marge dans le budget d’épicerie. Ces deux bienfaits naissent du même geste d’entraide.

Passez le mot et aidez à garnir les étagères. Vous entendrez bientôt davantage parler du service d’aide alimentaire. D’ici là, parlez-en à une personne de votre entourage et apportez des aliments non périssables et non ouverts aux services aux étudiants.