Ouellet poursuit actuellement des études de maîtrise en leadership et gestion des soins de santé à l’Université du Texas à Dallas. Elle affirme que ses compétences en tant que joueuse d’échecs sont bénéfiques dans d’autres aspects de sa vie.
« J’ai toujours été capable de planifier et de prendre des décisions. Mon expérience aux échecs m’aide, car je sais gérer la pression du temps et anticiper les coups. Cela m’aide dans ma vie quotidienne et j’ai une bonne mémoire, ce qui est utile dans tous les domaines, en fait.»
Malgré son incroyable succès en tant que joueuse d’échecs et l’obtention du titre de grand maître féminin en 2020, Ouellet n’avait pas l’intention de devenir joueuse professionnelle. Après avoir obtenu son diplôme à Champlain Saint-Lambert, elle prévoyait plutôt d’étudier le droit à l’Université de Montréal et avait déjà accepté son offre d’admission lorsqu’une proposition surprenante est venue bouleverser ses plans.
Quelqu’un de l’Université du Texas Rio Grande Valley l’a contactée pour offrir à Ouellet une bourse d’études complète pour venir jouer aux échecs en compétition.
« Les conditions semblaient vraiment intéressantes, et cela semblait être une bonne expérience. C’était aussi un moyen pour moi de poursuivre une carrière dans les échecs », a-t-elle déclaré.
Ouellet a décidé d’accepter l’offre et de déménager au Texas, mettant ses études de droit en suspens.
« Il est très difficile de gagner sa vie en jouant aux échecs en compétition. Comme les échecs ne sont pas très valorisés au Canada, la plupart des gens ne deviennent pas professionnels. Seuls les 30 meilleurs joueurs mondiaux peuvent vivre uniquement de leur jeu, les autres doivent enseigner. »
Pendant ses études de gestion d’entreprise, Ouellet participait chaque mois à plusieurs tournois et compétitions, ce qui représentait un investissement en temps considérable, certains tournois durant 10 jours et beaucoup se déroulant dans des pays éloignés comme l’Inde, l’Azerbaïdjan et l’Ouzbékistan.
Pas du genre à se reposer sur ses lauriers, Ouellet s’est fixé un nouvel objectif : obtenir le titre de maître international, un rang supérieur à celui de grand maître féminin.
« Il y a quatre conditions à remplir, et j’en ai déjà satisfait trois », explique-t-elle.
À 23 ans, Ouellet est loin d’avoir atteint ses objectifs.
« Je serais la première femme maître international au Canada. Si vous y mettez vraiment toute votre énergie, c’est possible. Il faut juste avoir une très bonne éthique de travail. Je serai satisfaite avec le titre international. »
Le conseil de Mme Ouellet aux étudiants actuels et aux nouveaux diplômés : « Soyez organisés. Faites ce que vous aimez. Ayez un équilibre dans votre vie. L’équilibre est important, il permet de faire plus facilement ce que l’on aime et de réaliser ses rêves. On se donne ainsi de meilleures chances d’y arriver. »